Accueil des décrocheurs : 15/18 ans

Accueil des décrocheurs : 15/18 ans

L’action de prévention du décrochage scolaire mobilise les équipes de l’e2c95 de la façon suivante :

Agir pour le raccrochage scolaire :

Chaque décrocheur a une histoire bien spécifique. La démarche individuelle est donc essentielle. Elle est au cœur du dispositif que propose l’e2c95.
Le décrochage est un processus qui n’est pas linéaire.
Il en est de même pour le processus de raccrochage.
Il faut prendre le temps.
Déconstruire une certaine représentation chez le jeune, convaincre les parents qu’il est possible pour son enfant de se remobiliser.
Les amener à changer de regard sur leur jeune.

Pour les jeunes que nous accueillons, nous notons plusieurs niveaux de ruptures :

• Ruptures avec l’Institution scolaire
• Rupture avec l’adulte qui est vécu comme non fiable car ne répondant pas à ces difficultés.
• Rupture avec sa classe.
• Rupture avec lui même, avec toute la dépréciation qui s’en suit.

Le décrochage scolaire est aussi et surtout un décrochage social.
Les facteurs de risques sont alors nombreux, et se croisent avec les maux de la société. Hyper sexualisation des rapports, radicalisation, repli sur soit, addictions diverses… tout est vécu à l’extrême pour combler le trou béant que représentent le décrochage, plus de repère, rapport au temps modifié, décalage par rapport aux habitudes de vie des pairs, de la famille.
C’est de ce constat que l’école de la deuxième chance fonde son action.

L’action proposée par l’e2c95 comporte plusieurs phases :

Phase suivie avec l’Education Nationale :

– Des réunions régulières avec les équipes de la MLDS pour détecter les bénéficiaires qui auraient besoin du dispositif e2c.
– Des réunions de « feed-back » sur le suivi des jeunes et leur devenir post e2c.

Présentation du dispositif aux familles

– Rencontres les jeunes et leurs familles pour présenter l’e2c, définir un cadre de travail et formaliser leur arrivée. Cette partie est gérée en lien avec les équipes de la MLDS.
Ces rencontres permettent notamment de fixer des cadres avec les familles et les jeunes.
• Le jeune doit s’engager à une obligation d’assiduité.
• La famille à aider son enfant dans cette démarche.
• Un document est rédigé à l’issue de ces entretiens.

-Par la suite les équipes e2c rencontrent seules et régulièrement les familles.

L’école de la deuxième chance dans le cadre de ses actions en faveur des enfants en situation de décrochage scolaire perçoit la difficulté importante des parents.
La difficulté est de pouvoir comprendre la situation d’échec de leur enfant.
La difficulté est également de pouvoir en parler en dehors du contexte scolaire, pour exprimer leur déception, leurs inquiétudes, le questionnement de leur responsabilité dans le processus de décrochage.

Ces deux dernières années, l’e2c95 a donc été très sollicité par des parents pour une demande d’accompagnement. Cela ne correspondait pas exactement à l’action déployée par l’école.

Nos équipes ont donc réfléchi à la question.

Les conclusions de cette réflexion sont les suivantes :

Les familles ont besoin d’un espace médiatisée de paroles.
Les familles ont besoin d’un accompagnement pour préparer certains entretiens importants pour l’avenir de leurs enfants (inscription au CFA..).
Ces temps de parole nécessitent souvent d’être préparés, parfois avec les enfants séparément des parents, puis collectivement.
Cette préparation peut également être nécessaire pour les inscriptions en établissements, les réorientations sous la forme suivante :
– Vérification de la motivation de l’enfant.
– Vérification de la connaissance de la formation et des contraintes.
– Implication des parents dans le projet.
– Repérage d’aidants dans la famille ou dans l’entourage (aide scolaire, au transport, personne qui connaît le métier de la formation préparée).

Réunion collective (groupe de 6 à 8 jeunes) pour présenter l’équipe aux bénéficiaires et fixer un cadre de travail et de suivi des objectifs.

Même si le projet est individuel, l’objectif est malgré tout de pouvoir fonctionner en petit groupe. Le groupe est une variable inévitable dans leur futur parcours de formation.
Les activités en groupes permettent de plus de repérer des difficultés de comportement, ou des difficultés relationnelles.
Il permet de détecter aussi certains problèmes liés à d’éventuel effets de radicalisation.
(Voir plus loin passage sur la radicalisation).

Séance de six semaines d’ateliers :

1. Atelier de connaissances et remobilisation, quels sont les points forts du jeune, comment il peut les exprimer.

Ces ateliers demandent au jeune de pouvoir parler de lui-même en positif. Ensuite d’élaborer un support de communication de son choix (vidéo, écrit) pour en garder une trace. Le même exercice lui sera demandé en fin d’activités.

En groupe, cette activité est ensuite croisée, chaque jeune présente les qualités d’un autre jeune.
L’objectif est de travailler davantage sur les points forts que sur les échecs passés.
Ces premiers ateliers permettent d’élaborer des conclusions partagées avec les jeunes, sur leurs envies, leurs motivations. Cela permet de dessiner une première stratégie pour évoquer un parcours scolaire ou de formation en CFA.
Ces ateliers sont menés par une formatrice chargée de relation d’entreprise et un coach.

2. Atelier sur le comportement, verbal, vestimentaire, la façon de se positionner dans un groupe.

L’étape sur le portrait « positif » est passée. Elle permet de pouvoir ensuite d’évoquer les difficultés.
Quand j’y arrive pourquoi j’y arrive «
Quand ce n’est pas le cas, que se passe-t-il, quels sentiments je ressens, qu’est ce que cela fait émerger, comment l’angoisse se manifeste.
Comment canaliser cette angoisse ?
Comment demander de l’aide sur un mode approprié ?
Avec chaque jeune, une stratégie s’élabore, pour pouvoir adapter son attitude, son comportement.
Cela passe aussi par une réflexion sur le mode de langage verbale et non verbale, sur la tenue vestimentaire.

3. Connaissance des métiers et des formations.

Un travail par mots clefs répèrer à partir des envies et des motivations se met en place pour repérer le type de projet de formation qui pourrait convenir aux jeunes.
Pour cela l’e2c travaille avec des bornes métiers conçus avec le CIG et des entreprises.
D’un prisme très large « je veux travailler avec les enfants », on arrive à sérier un certain nombre de métiers et de formations.
Cette phase permet de valider un projet de stage dont la durée va varier en fonction du niveau de maturité du jeune et de son projet.
Un projet d’inscription dans un CFA va demander un stage ou des stages d’une durée d’une semaine, pour valider le projet d’une part mais aussi pour savoir si le jeune appréhende la réalité et la difficulté de devoir être en stage sur le long terme.

Cela doit permettre de valider le projet.

Présentation du mode de construction et du contenu des plans de formation.
Les plans de formation sont établis à partir de trois éléments :
– Les résultats des positionnements d’entrée du stagiaire
– Son projet professionnel
– Les points de fragilité identifiés par l’équipe pédagogique ou les entreprises d’accueil
– Le contenu par discipline est tracé dans les grilles de progression

Présentation du mode de construction des projets professionnels

 

 

 

Chaque retour après chaque stage s’avère très important car il va nous permettre de cibler avec précision les besoins du stagiaire et d’adapter la formation à ses compétences et ses besoins en fonction de l’objectif qu’il s’est fixé. Le rôle du coordinateur de projet et la communication notamment lors des réunions pédagogiques sont donc capitaux.

4. Atelier citoyenneté et république et sortie culturelle.

L’approche culturelle est indispensable pour la jeunesse.

Un parcours citoyen est proposé aux jeunes. La réalisation de ce parcours pourra être valorisée sous forme d’une attestation.

Un parcours citoyen a été testé par les écoles de la deuxième chance. Il s’agissait d’un parcours à réaliser. Visite de la grande mosquée de Paris et de l’Institut du Monde Arabe, visite du musée d’art et d’histoire du judaïsme, visite de la Basilique de Saint Denis, visite du Panthéon, des deux assemblées parlementaires, pour aboutir à une définition de la laïcité comme garante de l’existence de plusieurs religions et de non croyants dans une République unie et fraternelle.
Dans le cadre de cette démarche, nous souhaitons que les jeunes réalisent des émissions de radios, de télévisions, sur le web.
Une implication citoyenne des jeunes devrait compléter ce parcours au sein d’une association, ou d’associations, en créant une action de solidarité. L’exemple actuel de l’épicerie sociale de Sarcelles montre bien que ce type de projet est très porteur.
L’environnement devra être un point extrêmement important de parcours citoyen. Cela inclurait une manière de se déplacer, de consommer, de savoir ce qu’est un circuit court.
Ce parcours citoyen est indispensable pour donner des repères communs à la jeunesse, pour donner une culture commune, et donner sens à l’esprit critique.
Ce parcours permettra un combat exigeant contre l’emprise des ennemis de la république. Ceux qui menacent notre jeunesse, sur les réseaux sociaux. Ceux qui banalisent les paroles racistes et antisémites. Ceux qui vont brouiller les messages de fraternité de notre République.

Un projet pour agir contre les radicalisations

Dasht et ses complices, “complotistes”, antisémites, étendent leur influence sur la toile avec méthode et efficacité. La stratégie est rodée : Un attentat contre des occidentaux ou contre leurs alliés, aussitôt des post dénonçant des enfants morts en Palestine, en Syrie, avec des images montées, des commentaires orientées, fleurissent dans les réseaux sociaux. Comme pour indiquer à nos enfants que les horreurs sont des réponses, des justifications à d’autres horreurs. On en appelle aussi aux souvenirs de l’esclavage. L’amalgame est à la fois grossier et plutôt fin, le timing parfait, le trouble recherché est souvent trouvé.
Cette stratégie ne déclenche pas toujours de phénomènes de radicalisation mais instille le doute, déconsidère la République, l’Etat, l’Armée, la Police, joue sur la fibre émotionnelle, et au final, pour les plus fragiles de nos jeunes, facilite le travail des recruteurs.
De même les formateurs e2c s’aperçoivent que l’égalité femme/homme est un combat à mener auprès des jeunes. Les jeunes doivent être au clair sur l’interdit de la violence, du harcèlement. Pour des raisons pénales et pour des raisons de paisibilité et de plaisir à vivre ensemble.

Des actions sont donc mise en place, découvertes, visites interviews.
Cela doit permettre de détecter des difficultés, des points de rigidité, d’engager des discussions, et voir sir le jeune est en grade difficultés sur certaines notions (risque de radicalisation), ou si il est en recherche.
Ce point est très important. En effet les équipes des écoles de la deuxième chance ont souvent plus de difficultés de cet ordre avec des jeunes en situation de décrochage, mineur, qu’avec les jeunes de 18 à 25 ans accueillis dans le circuit « classique » de l’e2c.

Atelier partagé parents/équipe du collège et du lycée/jeunes/équipe e2c pour se projeter sur un avenir.

Le temps de restitution est très important.
Il permet aux jeunes de lier son parcours à l’e2c95, de pouvoir expliciter les points forts de son projet, et de communiquer à ses parents les moyens qu’il veut se donner pour le mener à bien.
Dans cette restitution, le rôle des parents est fondamental. Les parents doivent pouvoir aussi se donner les moyens d’aider leur enfant. Sans pré supposer un nouvel échec.
Enfin, la présence de l’établissement scolaire dans cette restitution est très importante.
Et cela que le jeune revienne ou non dans le lycée (pour une orientation en CFA ou une inscription en parcours e2c classique).
En effet, le jeune doit comprendre qu’il n’y a pas rupture entre l’école de la « première chance » et le dispositif d’accompagnement que propose l’e2c. Que cela a été pensé conjointement. Que l’Education Nationale a continué d’avoir une pensée pour son parcours tant bien même il n’était plus dans l’établissement scolaire.
C’est important dans le cadre du respect des institutions. Le jeune lui même deviendra parent. Et le mieux est qu’il n’est pas une image dégradée de l’école.

Les évolutions de l’action :

La fonction parentalité a du être très sérieusement renforcée. Les familles sont souvent en grandes difficultés, et ont des difficultés à projeter leur enfant admis dans le dispositif comme une personne qui peut réussir. Les entretiens deviennent très fréquents, et ce qui ce qui devait être gérer par la MLDS l’est de plus en plus par les équipes e2c.

Les problèmes du comportement sont fréquents et invitent l’école à réfléchir sur une équipe davantage pluridisciplinaire. Ainsi nous avons souvent recours à la psychologue de l’école et également au chargé de mission public spécifique de l’association qui a une formation d’éducateur spécialisé, en plus de notre équipe de formateurs.

Les problématiques sociales sont nombreuses. Elles croisent largement les problèmes familiaux.

Pour conclure, notre équipe est en prise avec des causes multifactorielles du décrochage scolaire. Cela nous conduit à un étayage très précis.