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Cet article a été écrit le 08 sept 2010 dans la catégorie Actualités départementales.

Ile de France « Actualité éducation formation »

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Le succès de l’école de la 2e chance de Sarcelles

L’école qui aide certains jeunes sortis du système éducatif à trouver leur voie va bientôt faire sa 2e rentrée. Témoignages des premiers bénéficiaires.

L’École de la 2e chance (E2C), c’est un peu l’école sans écoliers. Les bénéficiaires ont le statut de stagiaires. À la nouvelle école de Sarcelles dans le Val d’Oise, chacun est arrivé par son propre chemin. Gwenaëlle a eu connaissance de la structure par sa mère, employée de Mairie. Cindy se souvient juste d’un « bouche à oreille » qui l’a incitée à s’inscrire directement sur Internet. Quant à Sofiane, il raconte avoir été littéralement « intercepté par deux dames », alors qu’il était à la Maison de quartier. 

Un parcours personnalisé

Tous se rejoignent pour considérer comme profitable leur passage à l’ E2C. Car celle-ci offre finalement plus de différences que de ressemblances avec l’école classique, synonyme pour eux d’échec ou de souffrance. « Ici aussi, il y a un train-train, des règles à respecter, mais la différence, c’est qu’on n’est pas obligé de travailler tous au même rythme », remarque Sofiane.

À l’ E2C, les choses vont vite : « au bout d’une semaine, j’ai refait mon curriculum vitae et trouvé mon premier stage », se réjouit Gwenaëlle.  Et la structure conduit ces jeunes gens vers un métier à leur portée. « On est directement projeté dans un projet professionnel », analyse Cindy. Sofiane, lui, a réussi à faire d’une simple envie une véritable ambition : « j’ai déjà fait de l’animation sportive et j’aime travailler avec les jeunes. Je pars de l’ E2C pour préparer un brevet d’aptitude professionnelle d’assistant animateur technicien (BAPAAT). »

L’école de la vie

Mais les stagiaires apprennent aussi à l’ E2C un savoir-être. Plutôt solitaire avant ce parcours, Sofiane en retient avant tout les nombreux contacts qu’il en a retirés. Recommanderait-il l’ E2C à d’autres jeunes ? « Je l’ai déjà fait, précise-t-il. Dès ma première visite, j’étais même venu avec un ami. Mais on ne peut forcer personne ! » Car, comme dit Gwenaëlle : « ici, c’est à nous de prendre notre destin en mains ».

Interview du directeur : Jean-Christophe Poulet


En quoi l’ouverture de l’E2C de Sarcelles était-elle nécessaire ?

Le Val-d’Oise est le département le plus jeune d’Île-de-France et cumule plusieurs handicaps en termes d’emploi des jeunes. En 2008, le conseil général a recensé 7.500 jeunes de 18 à 25 ans sans formation et sans emploi, ce qui a conduit à une réflexion conjointe avec la Région sur la création d’une E2C. Le site de Sarcelles, ouvert en octobre 2009, est venu compléter celui d’Argenteuil. Et celui de Cergy suivra cette année.
 

Quels sont les principes pédagogiques mis en oeuvre ?

Tout commence par une période d’essai de quatre à six semaines pour vérifier que le jeune est prêt à respecter les contraintes, comme celle d’effectuer 35 heures par semaine. A l’issue, nous signons avec lui un contrat de formation. Débute la phase de « connaissance de soi », avec la technique dite du blason. Nous déterminons ce qui relève de la sphère intime pour nous concentrer sur le reste. L’objectif est de proposer aux stagiaires un effort de réflexion valorisante sur eux-mêmes avec le symbolisme de fierté inhérent au blason. Nous considérons les stagiaires comme de futurs professionnels et les problèmes personnels sont traités avec des partenariats extérieurs (psychologues, etc.).
Le projet professionnel est ensuite validé par des stages successifs, la remise à niveau dans les matières de base étant adaptée en fonction du projet. Enfin, comme nos stagiaires sont très jeunes (19 ans en moyenne), nous privilégions une sortie vers une formation qualifiante.
 
Quel premier bilan tirer de la structure de Sarcelles ?
Nous parlons de « sortie positive » lorsque le jeune nous quitte pour une formation qualifiante ou un travail, qui doit être un contrat à durée déterminée (CDD) de 6 mois au minimum. Pour l’instant, le taux de sorties positives est de 69%, ce qui est supérieur à la moyenne constatée en Île-de-France. Il faut relier cela au succès rencontré par l’école. Nous avons récemment accueilli un groupe de 12 personnes, mais nous avions eu 50 demandes. Au total, il y a 60 stagiaires actuellement à Sarcelles. Idéalement, il faudrait pouvoir doubler cette capacité.

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